brigitte_fontaine_80_1_Le bon peuple du sang. Récits et variations de Brigitte Fontaine  ( flammarion) 

Ne vous fiez pas à la couverture ; ceci n’est pas un livre people . Brigitte Fontaine est une véritable poétesse, amoureuse des mots et dénonciatrice de notre époque, de ses maux et des méfaits de la présidence française.

Elle sait être raffinée, faire preuve de bon goût pour ensuite verser dans le trivial et l’horreur. Ses mots, ses jugements collent à notre époque qui certains jours pour paraître merveilleuse pour sembler odieuse le lendemain si  nous  changeons la cible de notre regard.

Brigitte Fontaine est femme de cœur, femme de gauche et crache sur les traites, les  corrompus, ceux qui dernièrement ont retourné leurs vestes.

Certains textes  ne font que quelques lignes, d’autres quelques pages. Celui qui a fait le plus de bruit est celui qu’elle  a lu en direct de OUI FM le 28 janvier 2010, jour anniversaire du président français. Ce texte s’appelle « Monsieur le Président » et commence avec ces mots crûs : « je vous gratte le cul très fort avec une fourchette, je vous crache dans les yeux, je mords jusqu’au sang vos mollets de coq, j’encule votre coquine … »

Vous voulez voir, c’est ici.

Non, Brigitte Fontaine n’est pas folle comme le clamait un de ses titres d’album. Brigitte est simplement en rage et  veut le faire savoir. Il  y  a en France de moins en moins de ton discordant que cela fait du bien.

Certains textes sont  cyniques mais si  réfléchis : » je n’aime pas particulièrement les gosses mais je trouve que, quand même, les ossements d’enfants martyrisés découverts sous terre aux abords d’un orphelinat, il y a des abus ».

D’autres me sont restés hermétiques ; Brigitte est un génie et restera incompris pour beaucoup.

J’ai adoré son texte sur l’enterrement de  Victor  Hugo, transformé en partouze géante grâce aux dons bénévoles de leurs corps par des prostituées reconnaissantes.

J’aime aussi lorsqu’elle accuse la télévision d ‘empoisonner les cœurs purs, lorsqu’elle appelle à la révolte les « crevards,  miteux, pauvres errants », lorsqu’elle parle du racisme, de son amour pour son compagnon kabyle…

Brigitte Fontaine n’est pas folle, elle est fidèle à ce qu’elle  a toujours été et à ceux qu’elle aime.