2923949203_1_3_1_Léviatemps   de Maxime Chattam ( albin michel, 443 pages) 4 étoiles

Les Chattam se suivent et ne se ressemblent pas. Après les trois  volumes fantastiques   d’Autre-Monde, Maxime Chattam renoue avec le thriller, mais un thriller léger qui ne vous fera pas frissonner plus que nécessaire. Si la Trilogie du Mal et le Cycle de l’homme se penchaient sur la folie de nos contemporains, ce roman se déroule dans les coulisses de l’exposition universelle, dans le Paris du début du siècle précédent.

Paris, sous la plume de Maxime Chattam, devient un personnage fascinant. J’ai pensé en lisant ce roman à maintes occasions à l’univers de Tardi et de son personnage Adèle Blanc-Sec. Il y a les égouts, les policiers caricaturaux, les rues malfamées comme la rue Monjol repère du Roi des Pouilleux et des  paillasses les plus tristes,  les quartiers populaires et ouvriers comme celui de  la Villette qui nourrit journellement la population parisienne. Si  la description de Paris est magnifique, il en va de même des protagonistes :  Guy de Timée, écrivain  en rupture avec son milieu  bourgeois  et Faustine, prostituée de caractère.

Si on peut penser à Tardi ou peut aussi penser à l’énigme de Jack l’éventreur  puisqu’il s’agit de meurtres sordides de prostituées. Vous pourriez penser  « que du déjà vu donc ! » mais cela serait une erreur car Maxime Chattam  a su ajouter sa touche personnelle. Petit bémol de mon enthousiasme à ce sujet d’ailleurs :  le premier chapitre m’a un peu rebutée car j’ai eu l’impression qu l’auteur  cherchait à travailler son style et  tomber dans l’exagération stylistique ( utilisation de clichés, excès de phrases courtes, d’exclamatives, de phrases sans verbe etc…) puis la magie de l’histoire opère et la lectrice que je suis a été séduite par Guy et son questionnement ! Je pense que Maxime Chattam ne laissera pas tomber un si beau couple et que d'autres aventures (feuilletonesques à la Dumas) suivront !